Ne grimpez pas parce que c’est bon pour vous ; grimpez parce que cela vous donne le sentiment d’être en vie. Cette phrase nous donne une compréhension de base de la motivation dont nous avons besoin comme soutien lorsque nous grimpons. Nous ne grimpons pas parce que l’exercice physique et mental nous est bénéfique ; nous grimpons parce que ça nous donne le sentiment d’être en vie.

Notre vie est une expression de notre énergie. La motivation est, essentiellement, notre énergie circulant à travers nous. Nous avons besoin de vivre notre vie en pratiquant une activité qui donne une expression à notre énergie. Pour beaucoup d’entre nous, c’est l’escalade. En grimpant, notre énergie peut circuler.

Chris Sharma est quelqu’un qui semble motivé de cette façon. Quand il parle de motivation, il dit qu’il ne la force pas. Il est attentif à ce qu’il ressent lorsqu’il grimpe. S’il n’a pas envie de grimper, il n’y va pas. S’il a envie de faire du bloc, alors il ira faire du bloc. Il ne se force pas à grimper. Son énergie peut s’exprimer de manière opportune par l’escalade.

J’ai mentionné Rainer Rilke, l’écrivain et professeur allemand, dans la dernière leçon. Il a dit à son élève confus “N’écris que si tu dois le faire”. Sa réponse à l’élève nous apprend à identifier l’activité qui résonne en nous afin que notre énergie puisse s’exprimer. Nous n’écrivons que si nous sentons qu’il le faut pour mener une vie épanouie.

J’ai utilisé un mot clé dans les paragraphes précédents : (res)sentir. Si nous déterminons notre motivation par la pensée logique, et que nous pouvons la verbaliser, alors notre motivation a tendance à se concentrer sur le résultat final. Nous sommes motivés par la pensée d’atteindre un niveau de difficulté spécifique ou une voie spécifique. Si nous ne savons pas pourquoi nous voulons grimper, nous sentons simplement que nous devons le faire, alors notre motivation a tendance à se concentrer sur les processus. Nous sommes motivés par le processus d’escalade lui-même.

Il est important de comprendre la distinction entre les motivations basées sur la pensée et celles basées sur les sentiments. La motivation liée au résultat final, basée sur la pensée, est obtenue après une escalade stressante. Elle est donc basée sur le confort. La motivation liée au processus, basée sur le ressenti, est obtenue pendant l’escalade stressante. Par conséquent, la motivation liée au processus valorise le stress. Notre motivation doit nous amener à entrer dnas une escalade stressante et à la traverser. Si nous sommes motivés par l’obtention d’un résultat final, notre motivation ne sera pas aussi puissante que si nous sommes motivés par le processus d’escalade lui-même.

Alors comment savoir si notre motivation est basée sur le processus ou sur le résultat final ? Et la motivation liée au résultat final joue-t-elle un rôle bénéfique ? Premièrement, identifier des résultats finaux spécifiques nous aide à guider nos actions et à appliquer notre énergie. Mais le résultat final a besoin de nous motiver en premier lieu pour le défi qu’il représente, et en second lieu pour atteindre le résultat final. Cette hiérarchie positionne la motivation relative au processus comme plus importante que celle relative au résultat final et permet à notre énergie de s’exprimer pleinement.

Deuxièmement, nous devons prêter attention à notre résistance au stress. Est-ce que nous résistons à nous lancer dans une escalade stressante en raison de l’activité mentale intensive de l’esprit, ou est-ce plutôt en fonction des sensations, qui proviennent du corps ? L’esprit a tendance à contourner le stress et à rechercher le confort. Cette tendance se manifeste par un dialogue intensif de la pensée. Une partie de l’esprit pense à s’engager dans le stress et une autre à y résister.

La résistance provenant du corps est basée sur notre expérience, mise en balance avec le niveau de stress auquel nous sommes confrontés. Trop de résistance signifie que nous poussons trop loin dans le stress et que nous avons besoin d’y prêter attention pour prendre des risques appropriés.

Enfin, nous devons comprendre que la motivation est cyclique. Même lorsque nous sommes motivés par des processus basés sur le ressenti, nous ne restons pas motivés tout le temps. Faire de l’escalade sportive peut être approprié si on le considère dans le contexte d’un risque approprié, mais nous pouvons ne pas en profiter parce que nous le faisons depuis trop longtemps. La vie fonctionne par cycles et lorsque nous pratiquons exclusivement l’escalade sportive, nous pouvons commencer à nous épuiser et à passer à côté d’autres types d’escalade.

Si Sharma se sent motivé pour faire du bloc, alors il fait du bloc. Si sa motivation se déplace vers l’escalade sportive, alors il fait de l’escalade sportive. Il est attentif à la nature cyclique de sa motivation et au besoin de son énergie de s’exprimer.

Quand vous comprenez votre motivation et votre énergie de cette façon, vous aurez plus de plaisir à grimper. Vous vous sentirez également vivant parce que votre énergie s’exprime à travers une activité que vous avez choisie. Vous ne pouvez pas expliquer pourquoi vous êtes motivé un jour et pas le lendemain. Plutôt, faites attention à la façon dont votre énergie vous dirige un jour donné.

Conseil pratique : Ne vous épuisez pas

Est-ce que vous perdez votre motivation pour l’escalade, ou une activité que vous avez choisie pour exprimer votre énergie ? Posez-vous ces questions pour permettre à votre énergie de s’exprimer :

  • Depuis combien de temps pratiquez-vous cette activité ?
  • Avez-vous alterné entre l’activité et le temps passé hors de l’activité ?
  • Êtes-vous resté trop longtemps dans une discipline, telle que l’escalade sportive ou le bloc, sans passer à une autre discipline ?
  • Que ressentez-vous l’envie de faire aujourd’hui ?

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