par Tim Park

Comme beaucoup, je me parle beaucoup à moi-même, surtout dans ma tête. À tout moment, je peux avoir un long dialogue intérieur analysant le monde qui m’entoure. Il n’est donc pas surprenant que lorsque je grimpe, mes pensées reflètent ma tendance naturelle à rester occupé. Franchement, je traite d’innombrables stimuli à la fois : attrape la réglette, assure-toi d’être complétement en appui sur ton gros orteil, garde ton corps gainé, détends tes épaules, respire, n’oublie pas de respirer, quelle est le prochain mouvement, mec je me sens déjà pété. C’est difficile de se concentrer sur l’escalade quand sa voix intérieure est forte et paniquée.

Depuis plus d’un an, je suis un entraînement “Free Your Mind” avec Arno Ilgner, coach et auteur de La Voie des guerriers du rocher. Quand j’ai commencé le programme, je m’attendais à apprendre quelques outils simples qui m’aideraient dans mon mental, comme apprendre à accepter l’échec et le pouvoir du monologue positif. J’ai été surpris lorsque notre première séance a été consacrée à discuter de l’ego et de la conscience du corps. Je me suis dit : “Comment la conscience corporelle est-elle liée à l’entraînement mental ?!” Ce que je n’avais pas réalisé à l’époque, c’est que le programme d’Arno n’est pas seulement un outil d’entraînement à l’escalade, mais plutôt un changement de perspective sur la vie qui vous change de l’intérieur.

Le cœur de la philosophie de The Warrior’s Way est la pleine conscience. C’est la pleine conscience de notre corps qui nous aide à prendre conscience de nos mouvements et nous pousse vers une plus grande précision. C’est la pleine conscience de nos pensées qui révèle nos motivations pour grimper plus fort. Au début, je me méfiais de certaines tactiques d’Arno, mais il m’a mis au défi d’être patient et d’essayer d’éviter les mots à connotation positive ou négative. Ça veut dire que je ne devrais pas dire des choses comme : “C’est une bonne prise” ou “Les pieds au crux sont si mauvais.”

Avec le temps, j’ai appris à observer mes pensées et à me surprendre dans mes boucles habituelles. Quand j’enchaînais une voie, je me sentais en confiance et je me disais que la voie était facile et que je me sentais bien et fort. Quand j’étais frustré, j’étais négatif et je me dépréciais, me trouvant des excuses pour mon état à cause du stress ou du manque de sommeil.

Malgré mon scepticisme initial, je me suis mis au défi d’arrêter d’utiliser ces “bons et mauvais” mots et j’ai commencé à décrire les choses aussi objectivement que possible. En décrivant les prises, “mince et lointaine” ont remplacé “mauvaise et impossible”. En évitant ces mots chargés pour décrire ma grimpe, j’ai commencé à avoir une meilleure idée de mes capacités, plus de confiance, et je pouvais voir la possibilité de faire des voies difficiles. Je ne considérais plus rien comme impossible ni ne pensais qu’une seule prise était si mauvaise que je ne pouvais pas l’utiliser.

Arno m’a appris à me concentrer sur les détails et les subtilités de l’escalade, comme me reposer plus intentionnellement et m’engager dans les mouvements. J’ai aussi appris de puissants outils pour contrôler ma respiration et mon rythme cardiaque. Nous nous sommes entraînés à chuter et avons discuté des outils d’entraînement pour développer une meilleure mécanique corporelle, comme l’observation de la façon dont nos yeux peuvent déplacer notre attention sur la paroi.

Cela m’a pris une année entière de travail avec Arno, mais je vois maintenant la puissance tangible d’être conscient en escaladant. Au lieu d’essayer de forcer la positivité ou de me laisser submerger par des émotions négatives, j’essaie d’être plus objectif. Quand je tombe dans une voie, je peux canaliser ma colère impulsive et ma frustration en énergie constructive et déterminée pour mon prochain essai. Je peux me demander ce qui m’a fait tomber ? Peut-être que j’ai utilisé la fausse prise de pied et que j’ai bâclé le crux, ou peut-être que je n’ai pas profité des repos et que j’étais simplement daubé. Dans tous les cas, l’accent est mis sur l’apprentissage. Au lieu de m’étiqueter comme un bon ou un mauvais grimpeur selon que j’ai enchaîné ou non, je peux me concentrer sur l’apprentissage et profiter de mon parcours de développement personnel.

En tant qu’entraîneur d’escalade moi-même, il est maintenant évident pour moi comment quelque chose comme la conscience corporelle est liée à l’entraînement mental. Comment pouvons-nous espérer apprendre à grimper plus efficacement si nous ne savons même pas ce que fait notre corps ? Avez-vous déjà vraiment fait attention à ce que font vos hanches au milieu d’un crux ou êtes-vous trop occupé à grimper jusqu’à la prochaine réglette ? J’ai observé mes élèves vivre la même lutte avec le “bon ou le mauvais” langage. Je les encourage à être calmes et réfléchis. Quand ils ne le sont pas, ils grimpent et agissent automatiquement au lieu d’agir intentionnellement. Les voir progresser ne fait que valider les avantages de l’entraînement Warrior’s Way pour moi.

Il est difficile de décrire la transformation que j’ai vécu au cours de la dernière année. Quand je décris mon entraînement à mes amis, je ne peux m’empêcher de rire intérieurement de la façon dont tout ce que je dis ressemble à du new-age et de la magie hippie. Mais la pleine conscience est un outil très concret. J’ai toujours du mal avec la petite voix intense dans ma tête, mais j’ai développé de nouvelles techniques pour rester concentré pendant que je grimpe. Respire, engage-toi, bouge, détends-toi, respire. Comme pour toutes les choses, il suffit de prendre une pensée à la fois.

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