Je reçois de temps à autre des courriels critiques de personnes qui ne sont pas du tout d’accord avec le contenu de La Voie des Guerriers. Il ne s’agit pas de courriels provenant de personnes qui se sont inscrites sur notre liste de diffusion. Ils proviennent de personnes qui sont tombées sur ce contenu en faisant des recherches sur Internet. Ils sont tellement contrariés qu’ils prennent le temps, malgré leur emploi du temps chargé, de m’écrire.

Nous avons tous tendance à penser que nous avons raison dans notre façon de percevoir la vie. C’est une tendance naturelle, qui peut nous donner confiance pour vivre notre vie. Pourtant, penser que nous avons raison a tendance à limiter l’apprentissage. Les courriels critiques que je reçois vont plus loin, affirmant que le contenu de La Voie des Guerriers est erroné.

Comment trouver un équilibre entre le fait de penser que nous avons raison et celui de rester réceptif à l’apprentissage ? Connaître nos valeurs peut nous aider. Cependant, nous n’avons pas tous les mêmes valeurs. Par exemple, la valorisation des résultats finaux est très différente de la valorisation des processus. Le premier nous donne confiance en fonction des résultats finaux que nous obtenons ; le second nous donne confiance en fonction des processus dans lesquels nous nous engageons. Nous ne devrions pas attendre des autres qu’ils soient d’accord avec nous si nos valeurs sont différentes. Alors, comment pouvons-nous vivre quand nous savons que nous n’obtiendrons pas l’accord de tout le monde ? Nous devons développer la conscience et ensuite parler à partir de cette conscience.

L’approche “J’ai raison, tu as tort” est inconsciente. Elle n’est pas consciente du fait que l’univers alterne entre les pôles de la dualité, à la recherche d’un équilibre. On ne peut pas avoir une gauche sans une droite. La gauche et la droite créent les pôles d’un cycle. La valorisation des résultats finaux s’accroche à un pôle de cette dualité, cherchant à valider notre perception du juste. La valorisation des processus oscille entre eux, modifiant ce que nous percevons comme juste. La vie n’est pas un pôle d’un cycle – un résultat final – à valider ; elle englobe les deux pôles – un processus – à modifier. Le développement de la conscience nous éloigne de la valorisation des résultats finaux pour nous amener à valoriser les processus.

L’approche “J’ai raison, tu as tort” limite l’apprentissage, mais nous avons tendance à aller plus loin. Non seulement nous pensons que nous avons raison, mais nous voulons aussi forcer les autres à penser comme nous le faisons. L’un des principaux fondements du zen est de laisser les autres tranquilles et de les laisser décider de leur propre parcours de vie. Nous avons tendance à ne pas laisser les autres seuls, mais plutôt à interférer avec leur parcours. Nous voulons que plus de gens soient d’accord avec notre point de vue. Plus notre groupe est grand, plus nous nous sentons à l’aise avec notre façon de voir les choses, et avec un groupe plus grand, il est plus facile de valider que nous avons raison.

Friedrich Nietzsche a dit : “Vous avez votre voie. J’ai ma voie. Quant à la voie juste, la voie correcte, et la seule voie, elle n’existe pas”. La voie du guerrier est une voie que les gens peuvent envisager d’inclure dans leur voyage. C’est une expression de la réalité qui ouvre d’autres options à envisager.

Comme nous avons tous des perspectives différentes, nous avons tous tort, et non raison, quant à notre compréhension de la réalité ultime. Comment conserver la confiance nécessaire pour vivre notre vie si nous savons que nous avons tort ? Devrions-nous simplement nous taire jusqu’à ce que nous connaissions la réalité ultime ? Non, nous ne connaîtrons jamais la réalité ultime. Notre confiance ne vient pas du fait de savoir que nous avons raison et que les autres ont tort, elle vient du fait de savoir que nous avons un processus qui va au-delà du bien et du mal, qui inclut toutes les perspectives afin que nous puissions creuser profondément en nous-mêmes dans le but d’apprendre. La valorisation des processus par rapport aux résultats finaux complète l’apprentissage.

Le fait d’avoir des valeurs différentes incitera les autres à nous critiquer. Les critiques offrent des opportunités d’apprentissage, même si ce n’est que pour diminuer notre ego. Lorsque je reçois des courriels critiques, je peux remarquer que mon ego réagit. Devient-il défensif, protégeant son identité ? Ou est-ce que je réfléchis à ce qu’ils disent et trouve un moyen d’équilibrer mon point de vue ? En d’autres termes, est-ce que je reste dans ma zone de confort et protège un résultat final – l’état actuel du contenu – en le validant ? Ou bien, est-ce que je me permets de ressentir le stress, de chercher des liens et de le modifier ? Parfois, je fais le premier, parfois les deux, mais mon intention générale est de vivre ce contenu, de faire le second.

Il est intéressant de se demander pourquoi quelque chose nous irriterait, comme un billet de blog sur Internet, alors qu’il ne nous est pas adressé personnellement. Peut-être que nous le prenons personnellement parce qu’il s’adresse à quelque chose en nous qui n’a pas été résolu. L’univers a besoin d’un équilibre. L’irritation est le moyen qu’utilise l’univers pour nous faire savoir que nous sommes en déséquilibre. Nous sommes irrités parce que nous sommes trop à gauche ou à droite. Le point de vue des autres est en conflit avec le nôtre. En fait, plus nous sommes à gauche ou à droite, plus nous sommes irrités, plus nous sommes en colère et plus nous sommes prêts à prendre des mesures pour exprimer cette colère. Les groupes extrémistes sont issus des extrêmes de la pensée de gauche/droite.

Socrate nous rappelle que la vie non examinée ne vaut pas la peine d’être vécue. Il ne parle pas d’examiner la vie des autres, il parle d’examiner notre propre vie. La Voie des Guerriers est un processus d’examen de notre propre vie. Elle m’a aidé à examiner ma vie, m’a rendu plus conscient et maintenant je parle à partir de cette conscience. Les critiques pourraient apprendre quelque chose de Socrate.

Conseil pratique : Examinez Votre Vie

Le bouddhisme enseigne l’importance de la voie du milieu. Il cherche à embrasser les deux pôles et à trouver un moyen de maintenir l’équilibre tout en marchant au milieu. L’irritation est un signe que nous ne sommes pas au milieu, que nous ne sommes pas en équilibre.

Qu’est-ce qui vous irrite ? Il y a certainement beaucoup de choix quand on considère ce qui se passe dans les actualités, notre travail et nos relations. Maintenant, au lieu de chercher à l’extérieur de vous-même la cause de l’irritation, examinez votre propre vie. Qu’est-ce qui, en vous, n’est pas équilibré ?

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