Comment trouver l’équilibre entre s’amuser et être sérieux dans ce que nous faisons ? Le livre de William Irvine, A Guide to the Good Life, sur la sagesse stoïcienne peut nous guider. Les stoïciens veulent vivre des vies qui ont du sens. Une façon de créer du sens est d’avoir le désir d’être mis à l’épreuve. Sénèque, un Stoïcien bien connu a dit : “De là ce cœur si peu froissé par les chocs qui lui viennent des choses ou des hommes, que l’injure même lui profite : c’est par elle qu’il s’éprouve, qu’il expérimente sa vertu.” Sénèque utilise le mot “injure” pour désigner les jugements d’autrui. Avec les mots d’aujourd’hui, Sénèque pourrait dire : Est-ce que nous évitons les défis, voire les jugements, parce qu’à travers eux, nous trouvons un moyen de nous éprouver et de nous tester ?

Les stoïciens s’entraînent à voir la valeur des événements stressants qui leur arrivent. Ils font de leur mieux pour considérer les jugements des autres ou les conflits inattendus comme des expériences précieuses. Ils s’exercent aussi à se priver de certains conforts qui ne sont pas en phase avec leurs objectifs. Cela améliore leur capacité à faire face aux facteurs de stress spécifiques qu’ils rencontreront au cours des parcours d’apprentissage qu’ils ont choisis. Ils s’entraînent à être reconnaissants pour ce qu’ils ont, plutôt que de se fixer sur ce qu’ils n’ont pas. Cela les aide à se concentrer dans le moment présent, sur le défi actuel.

Les stoïciens sont sérieux quant à la façon dont ils abordent la vie et il peut sembler qu’ils ne s’amusent pas beaucoup. Cependant, ils peuvent s’amuser plus qu’on ne le pense. Leurs pratiques déplacent leur attention vers le moment présent, ce qui peut créer des expériences plus significatives, engageantes et amusantes.

Nous pouvons créer des vies qui ont du sens pour nous-mêmes en trouvant des façons de s’amuser sérieusement. Nous le faisons en équilibrant le plaisir et le sérieux. Prenons l’exemple d’une athlète féminine qui participe à une compétition pour voir comment elle peut bien gérer cet équilibre.

Tout d’abord, elle prend au sérieux ce qu’elle fait en se fixant des objectifs qui ont du sens. Le fait d’avoir des objectifs clairs, précis et mesurables lui donne une vision pour orienter son processus d’apprentissage. Disons qu’elle se fixe comme objectif de faire partie de l’équipe nationale d’escalade sportive cette année. Cet objectif est clair, précis et mesurable.

Deuxièmement, elle aligne trois aspects de son processus d’entraînement, ce qui l’aident à s’amuser tout en travaillant vers son but :

  1. Hiérarchie des buts et des processus : Elle valorise à la fois l’objectif et le processus d’apprentissage, mais elle les place dans une hiérarchie de valeurs. Son objectif principal est de valoriser et d’apprécier le stress qu’elle vivra ; son objectif secondaire est d’atteindre l’objectif. Le fait d’être jugée par les autres et les conflits inattendus se produiront inévitablement et font partie de son parcours d’apprentissage. Elle considère qu’il s’agit d’expériences d’apprentissage précieuses.
  2. Motivation basée sur le confort : Nous avons une tendance naturelle à être motivés par le confort. Cette motivation pourrait l’amener à passer du temps à socialiser avec ses amis pendant les séances d’entraînement à la salle d’escalade. Avoir un but l’aide à renoncer à de tels conforts et oriente sa motivation basée sur le confort vers un entraînement stressant.
  3. Concentration : Elle aura beaucoup d’échecs alors qu’elle travaille pour atteindre son but. Les échecs peuvent être difficiles à gérer si elle y lie son estime de soi. Elle lie plutôt les échecs à son effort. Lorsqu’elle échoue, elle se rend compte de ce qu’elle devrait changer dans son effort, ce qui déplace son attention vers le moment présent. Elle ne se fixe pas sur le désir de réussir ; elle se concentre sur ses possibilités d’apprentissage.

Son objectif de faire partie de l’équipe nationale d’escalade sportive l’informe sur ce qu’elle devra apprendre. Elle devra développer des compétences spécifiques à l’escalade sportive, comme se déplacer rapidement, se reposer efficacement et se déplacer avec précision. Elle devra également développer une condition physique complète, incluant l’endurance, la forme et la résistance. Elle les intègre dans un programme d’entraînement afin que son entraînement se déroule facilement et efficacement.

Sa hiérarchie des objectifs et des processus l’aide à se concentrer sur le processus de son entraînement. Sa motivation basée sur le confort l’aide à trouver la façon la plus facile de s’entraîner, compte tenu de l’objectif qu’elle veut atteindre. Le fait qu’elle se concentre sur l’effort l’aide à faire face aux échecs, les considérant comme des occasions d’apprentissage. Ensemble, ces trois aspects l’aident à s’amuser parce qu’ils déplacent son attention vers le moment présent. Elle est reconnaissante d’avoir l’occasion de s’appliquer à quelque chose qui a du sens.

Nous pouvons le faire pour notre propre escalade. Nous sommes sérieux en nous fixant un objectif clair, spécifique et mesurable : gravir une voie spécifique qui nous inspire. Nous nous amusons parce que nous alignons les trois aspects de notre parcours d’apprentissage. Tout d’abord, l’expérience de l’escalade est plus importante que d’arriver au sommet de la voie. Deuxièmement, nous permettons à notre « motivation basée sur le confort » de nous aider à grimper efficacement, compte tenu de l’objectif que nous voulons atteindre. Troisièmement, nous sommes curieux de nos échecs, lorsque nous tombons littéralement sous le but.

Avoir des objectifs et aligner ces trois aspects nous aide à nous amuser sérieusement pendant que nous grimpons et vivons notre vie. Ils nous aident à relever les défis plutôt que de les éviter. Nous ne les utilisons pas pour prouver notre valeur, mais plutôt pour prouver que nous avons suffisamment appris pour réussir une épreuve qui a du sens que nous avons choisi. On est sérieux et on s’amuse en même temps.

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